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mardi 28 juin 2011

Mais que fait la Police?

Bergerac est au vin ce que la Logan est au monde de l'automobile.On y trouve bien quelques options en cherchant bien, on trouve bien quelques AOC dans l'AOC, que tu sais pas trop pourquoi elles sont là, mais elles sont là. Un peu comme ces boutons, imités, t'as l'impression que tu peux l'enfoncer, tout est dessiné, rénuré, mais en fait ça correspond à rien. Sur le modèle avec l'option, c'est le bouton du dégivrage arrière, mais quand t'as pas l'option, le bouton reste mais il peut pas s'enclencher. Et il y a pas le signe dégivrage en blanc dessus C'est juste que la coque a été moulée pareille pour toutes les bagnoles.
Mon AOC est ado qui se cherche. Il a bien essayé le style Bordelais, quite à vouloir se rapprocher de son voisin et grand frère adoré, mais ce dernier l'a renié devant ses potes comme dans la cour de récré, lorsque vous êtes avec votre grand frère mais il faut que personne ne le sache parce qu'il a honte de je ne sais quoi d'ailleurs. Alors voilà, Bergerac, c'est le petit gros boutonneux qui essaye plein de style pour se trouver. Il a essayé la chemise bien droite, col relevé et mocassin à Pompons, comme le grand frère, histoire de se fondre un peu dans la bande. Raté. On le repère tout de suite, ça colle pas...Il a bien essayé le style casual, genre je met que des vielles fringues parce que de toute façon on va me les salir, bon c'est pas rentable...Les minettes passent à côté et ne lui prêtent pas attention, les gens l'ignorent. Et puis sous les conseils avisés d'une bande de minettes pas mal en vue de la cour de récré, il s'est relooké en mode cool. Au vue de la dernière campagne de pub, Bergerac est un moment nature.
Voilà, donc a Bergerac, on fait du vin nature. Ah non pardon,quand on boit un Bergerac, on passe un moment nature. Bon je vais pas faire preuve de cynisme ecoloterroriste, mais quand même...Si on se base sur notre engouement pour l'agriculture Bio, on est pas loin de la vérité! Plus de 8% de la surface viticole du Bergeracois est aujourd'hui en conversion ou convertie AB. Pas mal pour un boutonneux!

Le problème de notre ado boutonneux, c'est qu'il sait toujours pas où il va, et même relooké par les girls en vue de la cour de récré, il a toujours un peu honte de lui, il s'assume pas, il est plein de contradictions, il veut faire le grand mais rester avec sa maman,bref, c'est l'adolescence quoi!

13 appellations sur 12000 hectares, dont 5 qui n'ont pas d'aire géographiques délimitées, c'est un peu et même beaucoup un sacré bordel ou même les vignerons ne se retrouvent pas toujours, alors imaginez le consommateur...Tenez par exemple: Un côtes de Bergerac est un Bergerac mais dont le cahier des charges est légèrement plus stricte qu'un Bergerac, pour le rouge. Pour le blanc, un Côtes de Bergerac est un vin moelleux. Allez comprendre...Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Je me demande souvent quel avenir peut on espérer pour de petites appellations comme la notre, à l'identité confuse aux yeux du public.J'ai bien des idées, mais elles sont largement utopiques dans un monde vineux assez frileux face aux grands pas vers l'inconnu.
Je me prends à rêver d'une appellation sans herbicides au moins par exemple, une appellation avec des dosages en SO2 bien plus draconiens, une appellation en bio pourquoi pas? Les baux de Provence l'ont fait alors pourquoi pas nous? une appellation sans engrais de synthèse? Une appellation ou les levures sélectionnées ne devaient être que celles du terroir? Une appellation sans gomme arabique, sans truc machin chouette, une appellation sans artifices? Est ce qu'on y trouverait pas notre identité justement? Et peut être ferions nous passer un bon message à nos buveurs, peut être la campagne de pub prendrait elle tout son sens ;) Pour parler en terme marketing, parce que vendre c'est un peu le nerf de la guerre, je pense qu'une appellation de niche doit trouver un marché de niche. Et on ne visera pas une niche avec des vins standardisés, ou en tout cas, des vins qui n'ont rien de mieux que ceux des voisins, ou en tout cas rien de différent! Affichons nos opinions, engageons nous, Osons quoi merde!

Aussi je propose une appellation sans fortes températures caniculaires parce que je suis fondamentalement contre des grillures de ce type qui n'ont rien à faire dans mes vignes. Elles nous ont grignoté entre 5 et 20% des grappes selon les parcelles et je suis contre.


La période est caniculaire. ça grille de tous les côtés. Je lisais Bizeul qui parle de la gestion de l'herbe comme de l'enjeu fondamental pour ce millésime à Bordeaux. Non pas vraiment en fait l'herbe ne pousse plus, elle est plus seche que l'archiduchesse.Si l'on l'a laissé faire sa croissance, épiée ou fleurie, elles est aujourd'hui en train de relarguer sa matière en décomposition. Reste plus qu'a pleuvoir un poil pour accelérer le processus.Si l'on a tondu, alors là forcément, ça repousse. Parce que ce que l'on oublie de dire messieurs dames, c'est qu'une herbe va toujours repousser derriere une tonte, et c'est là qu'elle consomme de l'azote et d'autres élément, c'est là qu'elle conccurence fortement la vigne. Si on la laisse faire son cycle, alors une fois son système de reproduction assurée (graine ou fleurs), elle ne pousse plus, et elle meurt! Elle relargue alors ce qu'elle a consommé...Malin non? Bon c'est sur, ça donne pas des vignes au carré, mais agronomiquement ça se tient!
Donc je pense que l'enjeu de ce millésime, c'est plutôt le travail du sol d'une part, la bonne gestion du grattage au bon moment, et aussi les travaux en vert. L'enjeu , c'est d'aérer les grappes sans les mettre au soleil, et là c'est un vrai travail d’orfèvre, pour arriver à créer un petit nid au sein de la souche, pour des grappes à l'ombre, mais bien aéré.Ne surtout pas enlever les feuilles dites "casquettes" qui protègent les baies des attaques du soleil, et qui garantiront au millésime une grande fraicheur malgré cet été qui s'annonce Braziiiiil Chaleur.Après en vinif, faudra être un malin!

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